On s'accroche. C'est un fait. Ceux qui ne font plus partie de nos vies s'arrangent pour y perdurer, quoi qu'il se passe. Et pourtant, on change, on change avec le temps, et pas qu'un peu, mais on refuse de l'admettre. On meuble les conversations, on parle, on parle, pour ne pas se rendre compte qu'en fait, on n'a plus rien à se dire. On ne se rend pas compte que si l'on appelle pas, pendant des mois, l'autre ne s'en apercevra même pas, parce que ça fait longtemps qu'il nous a oublié, parce qu'on ne compte plus pour lui, mais ça, c'est impensable n'est ce pas ? Alors on rappelle, on se raccroche à la moindre chose qui pourrait nous rapprocher, et on parle, encore. On se tient au courant, oui, ça c'est important, pour avoir l'illusion que tout ça fait ( encore ) partie de notre vie, alors on rentre l'adresse internet, celle là, précisément, parce que, oui, quelle question, on la connaît, on l'a retenue, sans le vouloir, ça c'est fait comme ça, parce que c'est la seule chose qui peut encore nous montrer ce qu'il se passe dans sa vie, dans leur vie, et qu'on a envie de savoir, même si on dit qu'on s'en fout, que tout ça n'a plus d'importance, qu'on a oublié depuis bien longtemps, qu'on s'y est "fait". On refuse de tourner la page, alors on tourne en rond, on se renvoit la faute, on n'en finit pas de sous entendus, et c'est assez pratique ce site, en fait, c'est fait pour ça. Elle arrête ici, tant pis pour ses photos, tant pis pour ses articles, on ne peut pas continuer éternellement, elle ferme ce blog. Etrangement, le problème qui apparaît c'est ça, ce site, parce qu'il nous empêche de tirer un trait définitif, parce qu'il permet de savoir ce que l'on a pas à savoir, et que maintenant, c'est fini.